LA VALORISATION DE LA FILIÈRE LÉGUMINEUSES

La valorisation de la filière légumineuse peut compter sur les atouts tendance du marché des légumes secs.

Portés par une tendance consommation végétarienne et/ou flexitarienne exponentielle, les légumes secs ont le vent en poupe. Une vraie carte à jouer pour notre coopérative qui bénéficie d’un terroir méridional propice à sa culture et qui jouit d’une présence déjà affirmée et quasi unique en France en produisant et commercialisant les 3 principales familles répertoriées : le haricot, la lentille verte et le pois chiche.

Alors que la consommation française n’excède pas 1,7 kg de légumes secs par personne et par an, soit 1 kg de moins  que la moyenne européenne et 7 fois moins que la consommation canadienne, seulement 40% des produits consommés proviennent de la production nationale. Pourtant le potentiel de développement durable de la filière est réel ne serait-ce que par l’indicateur du besoin de production nationale identifié à plus de 100.000 T/an.

Les légumineuses ont tout pour plaire côté consommateur. Leurs bénéfices nutritionnels, portant sur un haut pouvoir de satiété et un apport en protéines d’origine végétale, fibres ou glucides complexes, permettent de lutter contre des maladies et allergies répandues comme le diabète ou l’intolérance au gluten. Elles font parties des nouvelles recommandations de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) et de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture). On ne compte plus le nombre de recettes créatives, intégrant les légumes secs dans le cadre d’une alimentation plaisir diversifiée et bien être, reprises et relayées par l’ensemble des professionnels de médecine et des médias ou influenceurs concernés. Le mode alimentaire français n’échappe donc pas à la tendance durable de consommation privilégiant le « manger sain, diversifié et qualitatif », dans un souci de santé et de protection de l’environnement.

Côté distribution, le développement des gammes de produits healthy intégrant les légumes secs, en magasins spécialisés ou en grande surface, engendre déjà une tendance à l’importation massive avec 30 000 tonnes de lentilles en provenance de Chine et du Canada et 87% des besoins en haricots secs importés.

La culture de légumes secs par l’agriculteur est également attractive et mérite qu’on s’attarde sur ses bénéfices d’exploitation. Sur les plans agronomique et environnemental, les atouts de la diversification des assolements profitent à l’exploitation ; avec en parallèle d’une culture intensive de haricots nécessitant une forte irrigation d’une part, et d’une culture extensive avec peu d’intrants pour la lentille et le pois chiche d’autre part. Sur le plan économique il ne faut pas non plus faire l’impasse sur les atouts d’une culture  de légumes secs améliorant le rendement de la culture suivante et permettant de faire des économies d’engrais azotés.

Enfin, notre coopérative œuvre au quotidien à la valorisation de la filière en soutenant les initiatives de reconnaissance et de visibilité  qualitative des légumes secs comme le projet d’IGP 2019 sur le haricot de Castelnaudary. Les actions de promotion des légumineuses auprès d’un public jeune et attentif font partie des projets insufflés par l’interprofession en Occitanie à travers le programme « Légumicant » mis en place depuis 2016 dans les écoles régionales. La dynamique d’expansion de la filière est en route !

Dans ce contexte d’évolution favorable des modes alimentaires et d’une augmentation induite de la consommation mondiale, la filière légumineuse à tout à gagner à revoir ses objectifs d’exploitation de légumes secs à la hausse. Le développement de 500 hectares supplémentaires de lentilles et haricots, à 5 ans, permettrait de répondre efficacement à la demande industrielle essentiellement portée sur le haricot et la lentille et profiterait au développement interne  dans nos filières.  L’enjeu sur le moyen terme, doit également prendre en compte l’axe de développement de la production de pois chiche  nécessitant quant à elle 4 500 hectares d’exploitation supplémentaires afin de répondre aux besoins identifiés.  C’est donc un doublement des surfaces qui, passant de 5 000 à 10 000 hectares à l’horizon 2020/2022, pourrait valoriser l’ensemble de la filière et accompagner nos prises de participation dans l’agro-alimentaire.

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